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Beaubourg Paris

Température des bureaux : Code du travail, INRS et chauffage à 19 °C

Actualisé le

Main réglant un thermostat mural

Le Code du travail ne fixe ni température minimale ni température maximale pour un bureau : son article R4223-13 impose seulement des locaux maintenus, en toute saison, à une température adaptée à l'activité. Le chiffre de 19 °C, souvent cité, vient d'une autre réglementation, celle du chauffage.

Que dit le Code du travail sur la température des locaux de bureau ?

Le Code du travail demande à l'employeur de maintenir les locaux fermés affectés au travail à une température adaptée à l'activité des salariés et à l'environnement dans lequel ils évoluent. Cette obligation figure à l'article R4223-13, réécrit par le décret du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur. Le texte ajoute que tout dispositif de régulation ne doit émettre aucune émanation dangereuse.

La réglementation ne donne aucun chiffre pour un bureau. L'INRS, l'organisme de prévention des risques professionnels, l'explique ainsi : il n'existe pas de seuil de froid valable pour tous, car la sensation thermique dépend de la dépense énergétique du travail, des vêtements, du climat et de la personne. À la conception des bâtiments, le maître d'ouvrage doit en revanche prévoir des locaux dont la température s'adapte à l'organisme humain pendant le travail, selon les articles R4213-7 à R4213-9.

  • Aucun minimum légal de température au bureau dans le Code du travail.
  • Aucun maximum légal non plus : le texte ne fixe pas de température au-delà de laquelle le travail serait interdit.
  • Une obligation de résultat pour l'employeur : une température adaptée, en toute saison.

Le chauffage à 19 °C est-il une obligation ou une limite ?

Le chiffre de 19 °C est une limite supérieure de chauffage, pas une température garantie aux salariés. L'article R241-26 du Code de l'énergie fixe en moyenne à 19 °C la limite de chauffage dans les locaux de bureaux, d'enseignement, d'habitation ou recevant du public, sauf les exceptions prévues par les textes. La moyenne se pondère selon le volume de chaque pièce : un local peut dépasser 19 °C dans une zone si une autre reste plus fraîche.

Cette limite répond à un objectif d'économie d'énergie. Elle ne dispense pas l'employeur de respecter l'article R4223-13 : un bureau chauffé à 19 °C de moyenne peut rester inconfortable pour des postes immobiles ou exposés aux courants d'air. L'INRS précise qu'une entreprise peut décider de n'enclencher le chauffage que lorsque la température des bureaux passe sous 19 °C, sans que ce choix constitue à lui seul un changement important des conditions de travail.

Aucun texte en vigueur ne fixe donc une valeur plancher pour les bureaux. Les règles de sobriété énergétique s'apprécient en parallèle de l'évaluation des risques réalisée pour chaque poste de travail : un local mal isolé, un open space très vitré ou un poste placé près d'une porte d'accès n'appellent pas les mêmes mesures.

Quels textes en vigueur encadrent la température dans les locaux de travail ?

Trois séries de textes se combinent : le Code du travail pour la santé et la sécurité, le Code de l'énergie pour la limite de chauffage, et le décret du 27 mai 2025 pour la chaleur. Le décret n° 2025-482 modifie l'article R4223-13, rend obligatoire la protection contre les fortes chaleurs à l'article R4225-1, réécrit l'article R4225-2 sur l'eau potable et crée les articles R4463-1 à R4463-8 consacrés à la prévention des risques liés à la chaleur intense.

Le périmètre de ces règles est large. Elles s'appliquent aux locaux fermés affectés au travail : bureaux, salles de réunion, accueil, mais aussi ateliers ou entrepôts fermés. Chaque local suit la même logique d'adaptation à l'activité. Un salarié assis toute la journée devant un écran ressent le froid plus vite qu'un collègue qui manipule des charges. L'employeur doit donc regarder le poste, pas seulement le thermomètre du couloir.

Le décret ne s'arrête pas au bureau : les chantiers du bâtiment et du génie civil, les travaux agricoles et les situations en extérieur reçoivent des dispositions propres. Une entreprise de génie civil qui intervient sur chantier relève de ces règles renforcées, distinctes de celles d'un local administratif.

Quelle température de confort viser pour un travail de bureau ?

Pour une activité de bureau, l'INRS situe le confort thermique autour de 21 à 23 °C en hiver et de 23 à 26 °C en été, avec un repère plus large de 20 à 24 °C pour l'hiver. Ces valeurs sont des recommandations de prévention, non des seuils juridiques. Elles servent de base au dialogue entre employeur, salariés et représentants du personnel.

Repère de confortValeur indiquée par l'INRS
Température en hiver, activité sédentaireEnviron 21 à 23 °C
Température en été23 à 26 °C
Écart intérieur et extérieurDe préférence 6 à 8 °C au maximum
Humidité relative40 à 70 %
Vitesse de l'air au niveau du poste0,2 m/s ou moins

Le tableau regroupe les repères publiés par l'INRS sur le confort thermique dans les bureaux. Le ressenti dépend aussi de la température des parois, de la ventilation et de l'ensoleillement, d'où l'intérêt d'un aménagement réfléchi : l'article sur l'ergonomie et le design d'un bureau professionnel aborde la place des postes par rapport aux fenêtres et aux sources de chaleur.

À partir de quelle chaleur la température devient-elle un risque au bureau ?

L'INRS considère qu'au-delà de 30 °C pour une activité sédentaire, et de 28 °C pour une activité légère, la chaleur peut constituer un risque pour la santé des salariés. Le Code du travail ne fixe pas de plafond légal, mais le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a renforcé les obligations de l'employeur face aux épisodes de chaleur intense, en intérieur comme en extérieur.

Concrètement, l'employeur doit évaluer ce risque quand la vigilance canicule de Météo-France est activée, puis choisir des mesures adaptées : horaires aménagés, pauses, protection contre le rayonnement solaire, ventilation, information des équipes. L'eau potable et fraîche doit être mise à disposition pour se désaltérer et se rafraîchir, et des mesures spécifiques protègent les travailleurs vulnérables. Le texte prévoit aussi une procédure de signalement des malaises.

La climatisation reste une solution parmi d'autres. L'INRS indique qu'une entreprise peut ne l'activer que si la température dépasse 26 °C, ce qui limite la consommation. Le choix de l'équipement est détaillé dans l'article sur la climatisation de bureaux professionnels.

Quelles obligations pour l'employeur en matière de température ?

L'employeur doit assurer une ambiance thermique adaptée, évaluer les risques professionnels de chaque situation de travail et consigner les résultats dans le document unique. Toute modification importante de l'organisation ou des conditions de travail entraîne une réévaluation, associant les salariés et les représentants du personnel, notamment le CSE.

  • Évaluer le risque thermique, froid comme chaleur, dans le document unique.
  • Maintenir les locaux à une température adaptée, en toute saison.
  • Expliquer aux équipes les décisions de chauffage et de climatisation.
  • Prévoir des mesures en cas de vigilance canicule, avec eau fraîche et ventilation.
  • Protéger les salariés fragiles avec l'appui du service de prévention et de santé au travail.

Une mesure de chauffage ou de climatisation prise seule n'est pas considérée par l'INRS comme une modification importante des conditions de travail. L'employeur reste cependant tenu d'en expliquer les raisons et de recueillir les avis du CSE lorsque l'ajustement concerne l'ensemble du site. Les locaux doivent par ailleurs rester sûrs ; l'article sur la sécurité des locaux professionnels complète ce point.

Un salarié peut-il quitter son poste quand il fait trop froid ou trop chaud ?

Un salarié peut exercer son droit de retrait seulement face à une situation de danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Ce droit est prévu aux articles L4131-1 à L4131-4 du Code du travail. Un bureau simplement frais ou chaud ne suffit pas, mais des conditions extrêmes, par exemple une chaleur extrême prolongée sans mesure de prévention, peuvent justifier le retrait.

L'article L4131-1 impose au salarié d'alerter immédiatement l'employeur de la situation qu'il juge dangereuse. L'article L4131-3 interdit toute sanction ou retenue de salaire lorsque le motif de retrait est raisonnable, et l'article L4132-1 précise que ce droit de retrait ne doit pas créer pour autrui une nouvelle situation de danger. Le salarié reste joignable et se met à disposition de son employeur pour retrouver une solution.

Avant d'en arriver au retrait, la démarche commence par le signalement : alerte à l'employeur ou au responsable, information du CSE, saisine du service de prévention et de santé au travail, puis recours à l'inspection du travail si rien ne bouge. Garder la trace des relevés de température et des demandes écrites facilite les échanges.

Comment gérer la température d'un local de bureau au quotidien ?

L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) publie des fiches de prévention pour le secteur tertiaire, fondées sur la recherche scientifique et l'expertise de ses ingénieurs. Dans un local de bureau, la gestion du confort repose sur quelques moyens simples : un plan d'action inscrit au document unique, une mise en place progressive des mesures, des relevés à heure fixe pendant la période concernée et un contact identifié pour recueillir les signalements.

Le travail dans un local trop chaud ou trop froid réduit la productivité et accroît le risque d'erreur ou d'accident. Un degré de plus ou de moins se ressent vite, surtout quand l'écart avec l'extérieur est important. L'environnement de travail doit également rester sain : ventilation, humidité, courants d'air. Dans un établissement qui accueille du public, le local d'accueil suit les mêmes principes, avec en plus la limite réglementaire de chauffage évoquée plus haut. Le temps passé à régler ces points est rentable : un expert de la prévention, interne ou externe, aide à choisir les mesures, et chaque norme de secteur apporte des repères complémentaires.

Exemple : un open space trop chaud ou trop froid, que faire concrètement ?

Prenons l'exemple d'un open space orienté plein sud où la chaleur grimpe l'été. La première étape consiste à mesurer : un thermomètre placé près des postes pendant plusieurs jours donne une base objective. Vient ensuite l'alerte au responsable et au CSE, qui peut inscrire le sujet à l'ordre du jour. L'employeur étudie alors des solutions simples : stores extérieurs, déplacement des postes, ventilation nocturne, horaires décalés, avant d'envisager une installation de climatisation.

Même démarche en hiver pour un poste proche d'une porte d'entrée : relevé de température, échange avec le service de prévention, correction de l'isolation ou changement de place. Ce travail de prévention reste moins coûteux qu'un arrêt de travail ou qu'un conflit prolongé.

Quels risques pour la santé quand la température sort de la zone de confort ?

Une température trop basse provoque d'abord de l'inconfort, une baisse de dextérité et des douleurs articulaires, et, dans les cas extrêmes d'exposition prolongée au froid, un risque d'hypothermie. L'INRS rappelle que ce risque dépend de la durée d'exposition, de l'activité physique et des vêtements, ce qui interdit de fixer un seuil unique. À l'inverse, une chaleur excessive entraîne fatigue, maux de tête, déshydratation et malaises ; elle augmente aussi le risque d'erreur.

Ces effets expliquent pourquoi l'évaluation des risques doit tenir compte des travailleurs fragiles, des personnes enceintes, des salariés atteints de maladies chroniques ou sous traitement. Le médecin du travail conseille l'employeur sur l'adaptation des postes.

Questions fréquentes sur la température au bureau

Existe-t-il une réglementation sur la température au bureau ?

Le Code du travail impose une température adaptée en toute saison (article R4223-13) mais ne donne aucun chiffre. Le seuil de 19 °C relève du Code de l'énergie et fixe une limite de chauffage.

Quelle est la température maximale au bureau ?

Aucun maximum légal n'existe. L'INRS signale un risque pour la santé au-delà de 30 °C pour une activité sédentaire, et l'employeur doit agir lors des épisodes de chaleur intense.

Quelle température idéale pour travailler dans un bureau ?

L'INRS recommande environ 21 à 23 °C en hiver et 23 à 26 °C en été. Ces repères guident la décision, sans valeur d'obligation. Le détail figure sur la page de l'INRS sur le confort thermique dans les bureaux.

Que dit exactement l'article R4223-13 ?

Il impose des locaux fermés maintenus, en toute saison, à une température adaptée à l'activité et à l'environnement, comme le rappelle le texte publié sur Légifrance. Pour d'autres sujets d'organisation, la rubrique des professionnels de Paris rassemble les guides du site.

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