Pour installer une terrasse à Paris, un café ou un restaurant doit obtenir une autorisation de terrasse de la Ville de Paris : la demande d'autorisation se dépose en ligne, s'instruit en deux mois et fixe l'emprise exacte, terrasse permanente ou terrasse estivale du 1er avril au 31 octobre.
Le cadre tient dans un texte unique, le règlement des étalages et des terrasses (RET), issu de la réforme votée par le Conseil de Paris en juin 2021 et dont la version en vigueur date d'avril 2024. Toute installation d'une terrasse ouverte, d'une terrasse fermée ou d'un étalage sur la voie publique est une occupation du domaine public : elle est soumise à autorisation préalable de la Maire de Paris, après avis du préfet de police et du maire d'arrondissement, et donne lieu à des droits de voirie. Le commerce autorisé reçoit un arrêté ; sans lui, l'installation d'une terrasse reste illégale, même pour un professionnel déjà en règle pour sa salle. Les informations ci-dessous viennent des pages officielles de la Ville de Paris et de la mairie du 10e arrondissement, relevées le 31 octobre 2026.
Qui peut demander une terrasse ou un étalage à Paris ?
Une terrasse ouverte ou une contre-terrasse permanente n'est accessible qu'à certaines activités. Le RET cite les débits de boissons, les restaurants, les glaciers, les salons de thé, les théâtres, les musées, les hôtels qui disposent d'un espace de restauration ou d'un bar, les librairies et les disquaires. Le fonds de commerce doit se situer en rez-de-chaussée et être ouvert au public : un bureau en étage ou une cuisine de livraison sans accueil ne peut pas prétendre à une terrasse.
L'étalage obéit à une logique proche. Seuls les propriétaires d'un fonds en rez-de-chaussée ouvert au public peuvent obtenir un étalage, accolé à la devanture, ou un contre-étalage, posé à distance de la vitrine pour laisser circuler les piétons. Le contre-étalage sur la chaussée reste interdit, sauf sur des voies particulières ; les fleuristes font exception et peuvent s'installer sur une place de stationnement.
La terrasse fermée permanente, enfin, est réservée aux débits de boissons, aux restaurants, aux glaciers et aux salons de thé. Un hôtel ou une librairie ne peut donc pas fermer son emprise, même s'il dispose déjà d'une terrasse ouverte autorisée.
Terrasse ouverte, fermée, contre-terrasse, estivale : quel dispositif demander ?
Chaque type de terrasse correspond à une demande distincte, avec sa propre emprise, sa durée et ses contraintes de mobilier. Le tableau compare les dispositifs décrits par le règlement des étalages et terrasses, tels que la Ville de Paris les présente en 2026.
| Dispositif | Durée | Emplacement | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Terrasse ouverte permanente | Toute l'année, reconduite | Trottoir, devant le commerce | Interdite sur un trottoir de moins de 2,20 m de largeur utile ; largeur minimale de 0,60 m |
| Terrasse fermée permanente | Toute l'année | Trottoir, accolée à la façade | Très largement vitrée et démontable ; instruction portée à cinq mois |
| Contre-terrasse permanente sur stationnement | Toute l'année | Places de stationnement | Plancher obligatoire, protections latérales de 1,30 m au plus |
| Terrasse ou contre-terrasse estivale | Du 1er avril au 31 octobre | Stationnement, trottoir, placette, rue piétonne | Tables, assises et parasols seulement, fermeture à 22 h |
| Étalage et contre-étalage | Toute l'année | Devant la vitrine ou à distance | Contre-étalage sur chaussée interdit, sauf voies particulières |
Un même commerce peut cumuler plusieurs dispositifs : une terrasse ouverte permanente devant la façade et une contre-terrasse estivale sur deux places de stationnement, par exemple. Chaque emprise figure alors dans l'arrêté d'autorisation et donne lieu à ses propres droits de voirie.
Comment se déroule la demande d'autorisation de terrasse ?
La demande d'autorisation de terrasse se dépose sur le téléservice de la Ville de Paris, avec un compte MonParis. Le professionnel y crée une nouvelle demande, choisit le dispositif (terrasse, contre-terrasse, étalage) et joint les pièces demandées. Le dossier complet conditionne le départ du délai d'instruction : une pièce manquante renvoie la demande en attente.
- Préparer le projet : mesurer la façade, la largeur utile du trottoir et repérer les places de stationnement réservées (livraison, PMR, taxis, deux-roues).
- Créer le compte MonParis et ouvrir la démarche en ligne ; le dépôt peut aussi se faire sur rendez-vous dans certaines mairies d'arrondissement, toutes les pièces obligatoires en main, de préférence au format numérique.
- Déposer le dossier : plan d'implantation, description du mobilier, justificatifs liés au fonds de commerce.
- Attendre l'instruction : la Direction de l'urbanisme consulte le préfet de police et le maire d'arrondissement.
- Recevoir l'arrêté, puis afficher l'affichette réglementaire à l'intérieur du commerce avant la mise en place de la terrasse.
La mairie du 10e arrondissement insiste sur ce dernier point : l'exploitant doit impérativement recevoir la décision avant d'installer quoi que ce soit. Une terrasse posée « en attendant » la réponse expose le commerce aux sanctions d'une occupation irrégulière, même si l'autorisation finit par arriver.
L'affichette réglementaire remise avec l'arrêté résume l'emprise accordée : l'exploitant la place à l'intérieur du commerce, visible depuis la terrasse, et les agents de contrôle la consultent en premier. Sans affichette, un commerçant pourtant en règle s'expose à une verbalisation. Les accessoires posés sur la voie publique, comme les jardinières, les porte-menus ou les écrans, font partie de la demande au même titre que les tables : un accessoire absent du dossier reste soumis à autorisation. Chaque étape du dossier gagne à être conservée dans le compte MonParis, qui sert aussi de contact avec le service instructeur jusqu'à la décision. Pour une entreprise qui ouvre plusieurs établissements, une demande distincte est exigée pour chaque adresse.
Pour une démarche voisine, l'autorisation d'une enseigne relève d'un autre texte, et les règles du RLP parisien pour les enseignes imposent leur propre dossier, à déposer en parallèle lors d'une ouverture.
Quels sont les délais pour une demande d'autorisation ?
Le délai d'instruction d'une demande de terrasse à Paris est estimé à deux mois par la Ville. Il passe à cinq mois pour une terrasse permanente fermée, dont le projet est plus lourd à examiner. Pour une terrasse estivale, le calendrier compte double : une demande déposée en janvier laisse le temps d'ouvrir le 1er avril, alors qu'un dépôt en mars repousse souvent l'ouverture à mai. Les demandes restent possibles après le 1er avril, mais les droits de voirie d'une terrasse estivale sont dus pour la durée forfaitaire de sept mois, même si l'autorisation est délivrée plus tard.
Une autorisation se reconduit-elle chaque année ?
Une autorisation de terrasse parisienne se reconduit tacitement chaque année, sauf indication contraire dans la décision. Cette reconduction tient tant que le propriétaire du fonds de commerce ne change pas et que les dispositifs exploités restent ceux de l'arrêté. Un nouveau parasol plus haut, une emprise élargie ou une contre-terrasse ajoutée imposent donc une nouvelle demande.
Les règles de la terrasse estivale, du 1er avril au 31 octobre
La terrasse estivale parisienne est autorisée sept mois par an, du 1er avril au 31 octobre. Née pendant la crise sanitaire, elle est devenue un dispositif pérenne avec la réforme du RET. Elle peut s'implanter sur des places de stationnement, des trottoirs, des terre-pleins, des placettes et des rues piétonnisées.
- Emprise sur le stationnement : au droit du commerce, plus une place de part et d'autre, jamais sur une place réservée (livraison, PMR, taxis, deux-roues, transports de fonds).
- Emprise sur le trottoir : au droit du commerce et face aux immeubles mitoyens ; le long des immeubles, seulement devant un mur aveugle ou un commerce qui a donné son accord.
- Mobilier : tables, assises et parasols, d'une hauteur de 1,30 m au plus ; toits, bâches, barnums et bois de palettes sont interdits ; la végétalisation est encouragée.
- Horaires : exploitation jusqu'à 22 h, puis mobilier rangé à l'intérieur ou empilé. En 2026, la Ville a reconduit une ouverture jusqu'à 23 h du 21 juin au 30 août.
L'édition 2026 a connu une prolongation exceptionnelle : après les événements du 17 octobre, la Ville de Paris a permis d'exploiter les terrasses estivales déjà autorisées jusqu'au 30 novembre inclus, sans coût supplémentaire. Cette mesure ne vaut que pour l'année en cours ; la saison suivante reprend au 1er avril. Pendant les épisodes de vigilance canicule orange ou rouge, les brumisateurs sont autorisés temporairement sur les terrasses ouvertes et les contre-terrasses.
L'installation d'une terrasse estivale demande aussi une organisation quotidienne : sortir le matériel à l'ouverture, ranger tables et assises après 22 h, garder libre le passage piéton pour la sécurité des passants. La qualité de cet entretien quotidien compte lors des contrôles, comme l'esthétique du mobilier sur une rue commerçante. L'extension temporaire sur une place de stationnement reste une extension de la salle : le service, le bruit et la propreté y relèvent de la responsabilité du commerçant, y compris lors d'un événement sportif retransmis.
Quelles sont les réglementations pour les terrasses permanentes ?
Les terrasses permanentes, ouvertes ou fermées, répondent à des conditions plus strictes que la terrasse estivale, parce qu'elles occupent l'espace public toute l'année. Une terrasse ouverte est interdite sur un trottoir dont la largeur utile est inférieure à 2,20 m, et aucune emprise ne peut faire moins de 0,60 m de large. Le passage des piétons, des poussettes et des fauteuils roulants prime sur le nombre de couverts.
La terrasse fermée permanente doit rester très largement vitrée et démontable : elle prolonge la salle sans devenir un bâtiment. Selon l'ampleur des travaux, la Direction de l'urbanisme peut demander, en plus de l'autorisation de voirie, une autorisation d'urbanisme comme une déclaration préalable ou un permis de construire. Avant de signer avec un menuisier ou un architecte, un rendez-vous avec le service instructeur de l'arrondissement évite un projet refusé.
Le RET s'applique sur tout le territoire parisien, mais certains secteurs disposent de chartes locales, plus exigeantes sur l'aspect du mobilier ou les couleurs, afin de protéger le paysage urbain d'une place ou d'une rue classée. Le commerce vérifie donc, avant de commander son mobilier, si son adresse relève d'une charte.
Le chauffage de terrasse est-il autorisé ?
Le chauffage et la climatisation des terrasses ouvertes sont interdits depuis le 31 mars 2022, en application de la loi climat et résilience du 22 août 2021 et du décret du 30 mars 2022. Seule une terrasse fermée, couverte, étanche à l'air et close par des parois latérales rigides peut encore être chauffée. L'infraction est une contravention de cinquième classe : 1 500 euros d'amende, 3 000 euros en cas de récidive, selon la Ville de Paris.
Quels sont les coûts associés à une terrasse ?
Les droits de voirie, aussi appelés droit de terrasse, rémunèrent l'occupation du domaine public par le commerce. Leur montant tient compte de la nature du dispositif, de ses dimensions, de sa localisation, du nombre d'objets payants et de la commercialité de la voie, classée en cinq catégories. Pour une terrasse estivale, le calcul se fait en multipliant la surface par le tarif de la voie d'implantation, sur un forfait de sept mois.
La Ville publie chaque année le tableau des voies et les tarifs des droits de voirie, ainsi qu'un simulateur en ligne. La même terrasse coûte donc beaucoup plus cher sur une artère très commerçante que dans une rue calme d'un arrondissement périphérique. L'exemple type : un restaurant qui double son emprise avec une contre-terrasse estivale paie deux surfaces, chacune au tarif de sa voie, la seconde pour sept mois forfaitaires quelle que soit sa date d'ouverture.
D'autres coûts s'ajoutent au budget : le mobilier conforme au règlement, le plancher d'une contre-terrasse sur stationnement, la taxe sur la publicité extérieure si la terrasse porte un dispositif publicitaire ou une enseigne, et l'entretien du linge de table, que beaucoup d'établissements confient à une blanchisserie spécialisée dans les hôtels et restaurants dès que les couverts extérieurs augmentent. Un renoncement à la terrasse se fait par courrier recommandé : les droits se calculent alors au prorata pour une terrasse annuelle, et au forfait pour une terrasse estivale.
Quelles sont les conséquences d'une installation illégale ?
Une installation sans autorisation, ou qui déborde de l'emprise autorisée, expose le commerce à des sanctions cumulatives. Des agents assermentés de la Ville et de la Préfecture de police contrôlent régulièrement les terrasses, et la mairie du 10e cite les manquements les plus fréquents : parasols qui débordent, mobilier non démontable, emprise dépassée, musique en extérieur, arrêté non affiché.
Pour les terrasses estivales, la Ville de Paris liste les sanctions suivantes, relevées sur sa page officielle le 31 octobre 2026 :
- amende forfaitaire de 68 euros pour nuisances sonores et de 135 euros pour défaut d'entretien ou irrégularités ;
- mise en demeure de démonter, amendes de 500 euros et démontage aux frais de l'exploitant ;
- fermeture administrative possible de l'établissement ;
- retrait de l'autorisation, sans renouvellement possible jusqu'à trois ans, en cas de contravention au RET.
Pour une terrasse permanente non conforme, la Ville peut suspendre ou retirer l'autorisation et réclamer une indemnité d'occupation irrégulière. Un exploitant qui conteste un retrait ou un refus a intérêt à consulter un avocat en droit public avant l'expiration du délai de recours, et pas après avoir démonté sa terrasse.
Racheter un restaurant avec terrasse : vérifier l'autorisation avant la vente
L'achat d'un restaurant à Paris inclut rarement la terrasse au sens juridique : l'autorisation de terrasse est attachée à l'exploitant et à son fonds, et sa reconduction tacite cesse dès que le propriétaire du fonds de commerce change. Le repreneur doit déposer sa propre demande d'autorisation, et rien ne garantit qu'il obtiendra la même emprise si les règles ont évolué depuis l'arrêté du cédant.
Lors d'une vente de restaurant ou de bar à Paris, quelques vérifications protègent l'acheteur :
- obtenir copie de l'arrêté en cours et comparer l'emprise réelle à celle qu'il autorise ;
- vérifier que les droits de voirie sont payés et qu'aucune procédure de retrait n'est en cours ;
- contrôler la largeur utile du trottoir, car une terrasse ancienne peut ne plus respecter le seuil de 2,20 m ;
- faire chiffrer par l'expert-comptable ou l'avocat de la cession l'effet d'une terrasse réduite sur le chiffre d'affaires, avant de fixer le prix de la brasserie.
Le cédant, de son côté, doit signaler sans délai la cession, la cessation ou le changement d'activité à la Direction de l'urbanisme par courrier recommandé. Dans une ville où le nombre de commerces parisiens recule d'année en année, une terrasse autorisée pèse lourd dans la valeur d'un fonds, et son absence aussi.
Consulter les terrasses autorisées en open data
La Ville de Paris publie sur sa plateforme open data un jeu de données sur les étalages et terrasses autorisés, géolocalisé, qui indique pour chaque commerce le type de dispositif et ses dimensions. Ce jeu de données sert à un futur exploitant pour observer ce qu'obtiennent les établissements voisins d'une même rue, et à un riverain pour comparer l'emprise réelle d'une terrasse à celle qui est autorisée. Les données se téléchargent dans plusieurs formats, dont le JSON et le CSV, et se consultent sur une carte.
Chaque enregistrement du jeu de données géolocalisé correspond à une installation : adresse du commerce, type de terrasse ou d'étalage, longueur et largeur de l'emprise. Un fichier JSON géolocalisé permet de filtrer une rue ou un arrondissement, de compter les terrasses estivales d'un quartier ou de repérer les voies où les contre-terrasses sur stationnement se concentrent. Un porteur de projet qui prépare l'achat d'un fonds y trouve un repère utile avant de solliciter un rendez-vous au service instructeur.
Pour la vie quotidienne d'un quartier, cette transparence a un effet concret : un signalement de terrasse débordante s'appuie sur une information publique, et un commerçant peut défendre son dossier avec des exemples de la même voie publique. Les commerces voisins, les riverains et la mairie d'arrondissement partagent ainsi le même document de référence sur l'utilisation de l'espace public.
Autorisation de terrasse à Paris : réponses aux questions des exploitants
Peut-on ouvrir une terrasse estivale sans terrasse permanente ?
Une terrasse estivale peut être demandée seule, sans terrasse permanente, par un commerce éligible situé en rez-de-chaussée et ouvert au public. Elle se limite à la période du 1er avril au 31 octobre et au mobilier léger prévu par le règlement.
Faut-il refaire une demande chaque printemps ?
Une autorisation estivale déjà accordée se reconduit tacitement chaque année, sauf mention contraire dans la décision. Une nouvelle demande devient nécessaire en cas de changement d'exploitant ou de modification du dispositif.
Qui contacter pour une question sur un dossier en cours ?
Le suivi d'un dossier passe par le téléservice et le compte MonParis, et plusieurs mairies d'arrondissement proposent de prendre rendez-vous pour déposer ou compléter un dossier. La Direction de l'urbanisme de la Ville de Paris reste le service instructeur, avec l'avis du préfet de police et du maire d'arrondissement.
Ce guide fait partie des contenus du blog des professionnels de Paris. Sources officielles : page Terrasses et étalages de la Ville de Paris, règles des terrasses estivales et fiche de la mairie du 10e sur les demandes de terrasse et d'étalage.





